SIDA

A l’heure où l’on parlait de problèmes d’Homme,
Au moment où la jeunesse prenait forme,
Au lieu de se baigner dans la jouvence et la douceur
La jeunesse nage dans une mare de frayeur.
Sida, démon qui conjure le sexe
Nous laisse tous avec nos complexes.
Hier, il faisait bon de parler des amants,
La vie et le temps étaient intéressants.
Mais aujourd’hui, amour et baiser,
Ce ne sont plus les apanages d’aimer.
L’apprentissage merveilleux
Que rêve chacun pour se dire heureux,
Au moment d’entrer dans la vie,
Est plutôt un gâchis.
Sida, monstre de notre temps
Tu enlèves au plaisir son charme innocent.

L’amour enfin perd toute sa raison,
A force de tant de questions.
Sida, tu n’es pas là pour moraliser la race.
Mais bien pour traquer sur toutes les places.
Il n’y a pas de maladie en guise de châtiment.
Il n’est écrit nulle part dans le firmament.
Il y a des détresses comme des accidents.
Le châtiment, c’est de ne pas être prudent
Dans le glissement de son aveuglement
Sida, quel est ton nom,
Quand même tu frappes sans raison
Ceux-là qui marchent dans les parenthèses du oui et du non ?
Tu mets la souffrance dans le cœur de la population.

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