La porte des Nations

Jamais, les portes du Palais des Nations
Ne doivent, un jour, se trouver fermées.
Unies doivent rester toujours les Nations
Mais que feront les peuples devant tant de libertés bafouées,
Que feront ces minorités indigènes privées
De droits dans leur propre pays ?
Que feront les Africains du sud
En face de l’apartheid qui
Enlève toute dignité ?
Que feront tous ces autres peuples des autres latitudes
Qui poussent chaque jour une autre forme de cri
Devant l’esclavage, la guerre et l’oppression qui laissent l’amère lassitude
Si l’on ferme sans bruit
Les portes de la concorde ?
Elles n’en finissent plus les nouvelles discordes

 

 

Si l’on ferme sans bruit
Les portes du lieu où l’on se réunit
Pour parler de l’avenir et de la paix.
Il n’y aura pas qu’un regret
Si l’on ferme sans bruit
Les portes des Nations - Unies,
Il y aura de plus terribles bruits
Quand les dialogues se seront tus
Sous les balles qui tuent.
Fermer la porte aux Nations,
C’est briser l’identité de chaque Nation.

(L’auteur est à l’ONU)

Michaud Michel
u.n.special juillet-août 1988